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Victoire de l’obscur

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Quelque chose est en train de se passer.

Il y a eu l’élection de Trump en 2016 aux Etats-Unis, suivie par celle de Bolsanaro au Brésil en 2018, et à côté, toute une nébuleuse d’extrême droite qui prend lentement racine en Europe – en Hongrie, en Pologne, en Autriche, en Italie.

En France, c’est le Rassemblement National – ex Front National – (un changement de nom qui fait l’effet d’un pansement sur une jambe de bois) qui, le 26 mai dernier, est arrivé en tête des élections européennes.

Inquiétante époque où les partis nationalistes et d’extrême droite prolifèrent plus vite dans les sondages – et les hémicycles – que des cafards dans une pièce humide.

Certes, si l’on recontextualise, l’extrême droite ne sera pas majoritaire au Parlement européen – et l’on peut, en outre, trouver un certain optimisme dans la percée des écologistes.

Il n’empêche que le résultat de ces élections est une mauvaise nouvelle pour l’avenir.

À chaque nouveau scrutin, l’extrême droite grignote un peu plus de place, engrange un peu plus de voix, s’installe un peu plus confortablement, lisse un peu plus son image. Jusqu’à devenir un parti lambda, qu’on invite à la table des négociations pour causer démocratie, futur de l’Union Européenne et libertés individuelles. Le suprématisme blanc, la xénophobie, la misogynie, l’ignorance, les mensonges, le mépris pour la justice emballés dans du papier à bonbon, pour faire un peu plus joli, pour faire moins peur. Et ça glisse tout seul : même pas besoin de lubrifiant.

Jusqu’où iront-ils ? À ce rythme-là, ne peut-on pas imaginer l’extrême droite au pouvoir dans 15, 20, 30 ans ?

C’est vrai qu’ils ne font plus vraiment peur, maintenant. Jean-Marie le Pen et son œil de verre, les chambres à gaz qui ne seraient qu’un « détail de l’histoire », la violence crue, les accointances avec les néo-nazis… tout ça c’est fini, terminé (ou, en tout cas, ça se passe désormais en privé, loin du regard des votant.e.s).

Désormais, on se la joue sympathiques et souriants, à la bonne franquette, en amis – voire pire, en sauveurs – du petit peuple. Le fait que les dirigeant.e.s du FN n’aient jamais fait partie du petit peuple et que l’attrait du pouvoir soit la seule chose qui les guide importe peu : ils et elles obtiennent de plus en plus de suffrages.

On pourrait juste se dire, avec colère et mauvaise foi, que de toute façon les gens sont cons et balayer le problème d’un revers de la main, avant de remonter dans sa tour de verre. Mais c’est loin d’être si simple. La stratégie de dédiabolisation du RN a parfaitement fonctionné, puisque de plus en plus d’électeurs et d’électrices votent pour eux – sans même adhérer à l’ensemble de leurs idées ni connaître leur histoire, semble t-il.

Ou comment l’extrême droite est peu à peu devenue synonyme d’espérance : faut-il vraiment que notre société soit au bout du rouleau. 

En 2019, on n’a plus besoin d’être raciste, sexiste, antisémite, homophobe, négationniste ou xénophobe pour glisser un bulletin RN dans l’urne. D’ailleurs, je l’avoue – même si j’en ai honte aujourd’hui : après les attentats du 13 novembre à Paris, ma rage était telle que je m’étais promis de leur donner ma voix aux prochaines élections. Je n’écoutais que leurs discours sur la sécurité, l’immigration, la cohésion nationale, et à l’époque, l’écho de ces paroles avait du sens, elles qui résonnaient entre les blessures froides d’un pays encore occupé à compter ses morts. Et puis, le temps passant, la brûlure et l’angoisse diminuant, j’ai compris que je ne pourrais jamais faire ça. Je me suis trouvée stupide d’avoir ne serait-ce qu’envisagé cette idée ; j’ai ri de mon ignorance. Mais combien de personnes sont restées coincées dans l’œil noir de la colère ?

Aujourd’hui, on vote RN parce qu’on est dans la merde, parce qu’on est en colère, parce qu’on veut protester contre la sclérose d’un système incapable de se renouveler, d’aller vers le mieux. Ça, l’extrême-droite l’a très bien compris en élaborant une stratégie d’opposition au gouvernement en place en tant que seule et unique alternative possible. Si vous voulez exprimer votre mécontentement, votez pour nous ! disent-ils en substance. Et ça marche.

Mais quand on glisse un bulletin RN dans l’urne, il faut savoir pour quelle histoire, quelles valeurs, quelles pensées, quelle idéologie on donne sa voix. Il faut avoir conscience qu’on ne vote pas seulement pour la défense de ses propres intérêts, pour la mise en valeur de sa belle colère, pour le refus de la politique actuelle, pour dire « dégage » à Emmanuel Macron et son arrogance.

Voilà contre quelles mesures a voté le RN durant la mandature précédente (Le Monde en fait un résumé très clair) :

♦ La baisse de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030

♦ L’adoption d’un texte qui fixe un socle de droits sociaux dans l’Union Européenne (grands principes non contraignants pour inciter les Etats à améliorer leurs règles sociales)

♦ L’harmonisation des sanctions pénales contre le blanchiment d’argent

♦ La condamnation des dérives et menaces contre l’Etat de droit du gouvernement hongrois

♦ Un texte réclamant un renforcement des obligations légales en matière de vaccination

♦ Le rapport Noichl sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui promeut notamment une lutte contre les stéréotypes, contre les discriminations anti-LGBT et une ouverture de la PMA à tous/toutes.

Et quelle surprise, elle s’est en majorité abstenue lors du vote d’un texte protégeant la liberté et le pluralisme des médias.

Sachez-le : c’est pour tout cela que vous donnez votre voix.

 

*

L’extrême droite (parce que le Rassemblement National est un parti d’extrême droite, bien qu’ils s’en défendent mollement désormais) est une « famille idéologique de partis, mouvements et groupuscules qui ont en commun une critique radicale de la démocratie au nom d’une idéologie autoritaire, raciste et nationaliste tendant à exclure une partie des individus de la nation […] Leurs discours, plus ou moins violents, expriment à des degrés divers et selon les cas la dénonciation de la « décadence » actuelle en parallèle avec la nostalgie d’un âge d’or, l’apologie des sociétés élitaires et de la force virile, la peur du métissage, la censure des mœurs, notamment sexuelles (homosexualité), et le rejet des intellectuels » (j’emprunte ici l’excellente définition du Monde diplomatique).

On sait très bien à quoi ressemblent les États dans lesquels l’extrême droite est au pouvoir : il suffit pour cela d’ouvrir un livre d’histoire. On connaît de ces politiques les tristes contours, le goût de brûlé, la vilenie stérile. Plus encore, on sait à quelles issues elles mènent. Et si l’on préfère la contemporanéité, il suffit de jeter un œil aux systèmes en place (en Pologne et en Hongrie notamment) pour se délecter de ce qu’il s’y passe : autoritarisme, restrictions au droit à l’avortement, valorisation d’un modèle familial archaïque, menaces sur la liberté de la presse et des médias, remise en cause de l’indépendance de la justice, distribution de manuels scolaires officiels dans lesquels on peut lire que « le rôle des femmes est de s’occuper de la maison et de faire des enfants » (en Hongrie)…

Haro donc sur les droits des femmes, qui sont réduites dans ces systèmes à de vulgaires poules pondeuses (la flippante dystopie de « La servante écarlate » transposée dans le réel), mais pas seulement. Car l’extrême-droite représente aussi l’opposition à la culture, à l’éducation, à la liberté de la presse, à l’ouverture d’esprit, au progrès, à l’écologie, aux libertés individuelles. Et, par un triste corollaire, le retour nauséeux de la religion et de son insupportable étau, de l’ordre moral traditionnel, de l’obscurantisme, de tout ce que nous avons tenté de fuir au gré des avancées de l’Histoire.

Bêtise crasse, misogynie ordurière, restrictions des libertés, mépris de la culture et de l’éducation.

C’est donc vers cela que la France tend amoureusement les bras ? C’est donc à ça que rêve le peuple ?

Mon pays mérite bien mieux.

 

*

Nous n’avons pas fait tout ce chemin intellectuel, tous ces progrès en matière sociale, en matière de paix, de droits des femmes, de droits humains tout court, d’intelligence collective pour revenir subitement en arrière. Ça n’a pas de sens.

Il n’y a pas de logique à contester le système politique actuel tout en souhaitant le remplacer par quelque chose de pire. Bien d’autres partis sont contre le libéralisme sauvage, contre la casse sociale, sans prescrire dans le même temps un obscurantisme crasse.

Étrange paradoxe que cette société qui évolue à vitesse grand V, tout en se repliant sur elle-même comme un nourrisson démuni. Assisterait-on aux préludes d’un backlash général ?

Je ne peux m’empêcher de penser que l’espèce humaine est tout de même fascinante. Elle est la seule qui consent à sa propre servitude, sa propre destruction, la seule qui évolue pour ensuite revenir cent pas en arrière, la seule qui allume la lumière pour finalement décider de l’éteindre, la seule capable d’assister à l’horreur et au chaos et de ne pas en tirer les leçons nécessaires. D’y retourner.

De recommencer, tel Sisyphe poussant obstinément son rocher. Lentement, mais sûrement.

Un cycle sans cesse renouvelé. 

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Campagne contre les violences sexistes et sexuelles : une occasion manquée

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Ne pas agresser aussi.

 

Depuis le 30 septembre, le gouvernement a lancé une campagne pour sensibiliser aux violences sexistes et sexuelles, intitulée « Réagir peut tout changer ».
Jusqu’au 14 octobre, quatre spots seront diffusés à la télévision et sur Internet, pour illustrer la diversité des violences (physiques, sexuelles, verbales…) et du cadre dans lequel elles s’inscrivent (sphère privée, sphère professionnelle, espace public, etc).

Chaque spot met en scène une femme victime de violences sexistes et/ou sexuelles et un.e témoin qui vient à son secours, le but étant d’inciter les gens à réagir lorsqu’ils assistent à un tel incident, au lieu de simplement détourner le regard. « Dénoncer ne suffit plus, il faut désormais changer les comportements et inciter chacun à réagir », explique ainsi le communiqué officiel.

Inciter chacun à réagir face aux violences sexistes et sexuelles : c’est effectivement une bonne idée. Pour une fois qu’on parle de sexisme à la télé, ne faisons pas la fine bouche, n’est-ce pas ? Mais on ne règle pas un problème en évitant sa cible. En n’adressant son message qu’aux témoins, c’est-à-dire des personnes qui n’ont aucune responsabilité dans la commission de telles violences, le gouvernement donne un coup d’épée dans l’eau. Un peu comme s’il lançait une campagne contre la fraude fiscale en s’adressant aux enfants des fraudeurs et fraudeuses : « Attention ! Si vous voyez vos parents détourner du fric, surtout, réagissez ! ».

Depuis quelques années, on assiste à de nombreux tâtonnements en matière de prévention des violences sexistes. On pense par exemple à la récente campagne contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les transports en Ile-de-France, mettant en scène des femmes menacées par des ours ou des loups.

 

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Outre un manque de crédibilité évident, cette campagne péchait par son refus de s’adresser directement aux agresseurs. Victimes ou témoins, donnez l’alerte ! Le message est identique à celui de la campagne actuelle, et s’accompagne du même déplacement de la responsabilité des agresseurs vers les (potentiels) témoins. En 2018 encore, on marche sur la pointe des pieds, on hésite, on tâtonne, on tourne autour du pot, comme si s’adresser directement aux personnes concernées  – les hommes auteurs de violences – n’était pas une solution envisageable. Regarder la réalité en face ? Prendre acte du fait que, dans un système patriarcal, les violences sont en majorité commises par des hommes, et qui plus est des hommes normaux ? Expliquer à ces mêmes hommes que leur comportement est intolérable ? On n’y arrive toujours pas. Parce que le sujet gêne, irrite, parce qu’il a une dimension un peu trop militante, un peu trop féministe peut-être, parce que les violences sexistes et sexuelles sont encore largement admises dans notre société (le coup de la main aux fesses qu’il faudrait prendre comme un compliment, du « joli petit cul » de Michel de la compta qui est censé être un éloge et du pauvre frotteur victime de sa misère sexuelle), il est encore manié avec force maladresse. Ainsi, l’on continue à proposer des visuels à côté de la plaque, à faire croire que les violences sexuelles ne peuvent être le fait que de quelques individus marginaux et échevelés (1), et à décharger la responsabilité des agresseurs sur les hypothétiques témoins de leurs agissements.

Est-il si compliqué de dire aux agresseurs… qu’il ne faut pas agresser ? Bien entendu, le gouvernement n’est pas le seul acteur influent dans ce combat – loin s’en faut. C’est aussi toute notre culture populaire, tous nos mythes culturels, tous nos stéréotypes souterrains qu’il faut réformer. Mais quitte à lancer une campagne de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles : pourquoi ne pas s’adresser en premier lieu à ceux qui les commettent ?

Nous aurons progressé lorsque nous oserons enfin dire, de manière claire et non équivoque, que certains comportements ne sont pas tolérables. Lorsque nous nous adresserons pour cela aux agresseurs et non à ceux qui les entourent. Lorsque nous cesserons de tourner autour du pot, de trouver des excuses, de s’emberlificoter dans des messages confus et sans résonance.

Les violences faites aux femmes ne cesseront pas si l’on se contente de demander aux témoins de « réagir ». C’est leur faire porter une responsabilité qu’ils et elles n’ont pas, tout en excusant discrètement les agresseurs – et les défaillances de notre système judiciaire. De la même manière qu’on n’éradique pas une maladie en agissant uniquement sur ses symptômes, on ne peut prétendre combattre les violences sexistes et sexuelles en agissant uniquement sur ses conséquences.

Cette manière de faire est d’autant plus inefficace qu’une réaction n’entraîne en aucun cas la garantie pour la victime de trouver réparation. Combien de plaintes pour violences sont-elles classées sans suite ? Combien de femmes sont-elles ignorées, snobées, humiliées, lorsqu’elles se décident enfin à pousser la porte d’une gendarmerie ? Combien d’agresseurs sont-ils effectivement condamnés chaque année ? (réponse : très peu)

Ce n’est pas comme si l’on pouvait se targuer d’avoir une justice efficace, impartiale et sensibilisée à la problématique des violences faites aux femmes. Pour bien des femmes, une confrontation avec le système judiciaire ne sera rien d’autre qu’une énième occasion de se prendre dans la gueule le sexisme endémique de notre société. 

Le message que le gouvernement aurait dû faire passer est un message simple, que l’on considère pourtant avec une étrange frilosité : le respect dû aux femmes doit être exactement le même que celui dû aux hommes. Point barre.

Ce que vous ne feriez pas à un homme, ne le faites pas à une femme. Ce n’est pas compliqué. Quant aux témoins, s’ils existent, ils ne sont pas là pour réparer les erreurs des hommes sexistes et/ou violents : c’est à ces hommes, et à eux seuls, qu’incombe la responsabilité de modifier leur comportement.

(1) Pourtant, les agresseurs, les harceleurs sexuels, les violeurs, et d’une manière générale les auteurs de violences sexistes (qu’elles soient physiques ou verbales, explicites ou souterraines) sont la plupart du temps des Monsieur Tout le monde. Ce sont nos employeurs, nos voisins, nos pères, nos frères, nos amis, nos collègues. Ainsi, dans 8 cas sur 10, l’auteur d’un viol fait partie de l’entourage de la victime. Il est donc temps de tordre le cou au mythe de l’agresseur marginal et désocialisé, qui erre à la recherche de ses prochaines victimes entre rues sombres et rames de métro bondées.

Emmanuel Macron, ou l’instrumentalisation politique de l’égalité femme-homme

Emmanuel Macron, ou l’instrumentalisation politique de l’égalité femme-homme

C’est un fait : le féminisme ne fait plus peur. Mieux encore, il s’impose de plus en plus comme un objet de désir pour de nombreux acteurs politiques et économiques (voir mon article à ce sujet). La prise de conscience est loin d’être toujours motivée par un intérêt sincère, mais les faits sont là : il faut aujourd’hui compter avec les femmes, qui représentent 52% de la population mondiale. Des femmes qui consomment, qui observent, qui agissent, qui se renseignent, qui votent, qui peuvent faire ou défaire une élection. Pour ces raisons notamment, il n’est plus possible aujourd’hui d’ignorer les questions relatives aux droits des femmes. Ainsi la sphère politique, haut lieu de récupération des préoccupations contemporaines, ne pouvait décemment pas tourner le dos à la révolution qui est en train de se produire. C’est pour cette raison que Marine le Pen, candidate FN malheureuse au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, n’a pas hésité à se qualifier de « féministe », malgré le ridicule évident de cette déclaration.

De même, pendant la campagne présidentielle, l’actuel Président Emmanuel Macron n’a pas hésité à dévoiler au grand public sa (prétendue) conscience féministe. « I am a feminist », a-t-il ainsi lancé le 2 décembre 2016, lors du Women’s Forum for the Economy & Society. Aveu sincère ou simple manipulation politique ? A quoi ressemble donc le féminisme d’Emmanuel Macron ?

Dans cet article, je ne souhaite pas revenir point par point sur les différents engagements pris par le président (pour cela, je vous renvoie vers cet article très complet : https://www.deuxiemepage.fr/2017/12/04/le-feminisme-opportuniste-d-emmanuel-macron/), mais plutôt sur son attitude générale au regard de l’égalité femme-homme. Car, tout autant que les actes (ou l’absence d’actes), les gestes comptent lorsqu’on s’attelle à ce difficile travail qu’est la déconstruction des inégalités de genre.

Le 25 novembre 2017, journée consacrée à l’élimination des violences faites aux femmes, Emmanuel Macron a déclaré l’égalité entre les femmes et les hommes grande cause nationale du quinquennat. Une excellente nouvelle, a priori, supposée annoncer la prise de mesures politiques longtemps attendues. Réforme du congé parental, mise en place de séances de sensibilisation aux stéréotypes de genre et aux violences sexistes dans les écoles, moyens supplémentaires alloués à la Justice, mise en place d’un plan national pour l’égalité salariale, mise en place d’actions de sensibilisation aux violences faites aux femmes auprès des magistrat.e.s et des agent.e.s de police… Enfin, peut-être, nous allions voir le début d’un frémissement au plus haut sommet de l’Etat. Nous avions confiance : sans attendre une révolution, nous espérions au moins un glissement ferme vers les terres promises de l’égalité.

Hélas, un an après son élection, l’intérêt que porte Emmanuel Macron aux droits des femmes semble déjà dégonflé comme un ballon de baudruche après la fête. Démasqué ! Par-delà les promesses et les belles déclarations, la vision qui s’impose n’est en effet pas des plus réjouissantes, car le féminisme autoproclamé de notre Président… semble surtout être un bel effet d’optique.

Analyse d’une habile récupération politique.

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The boy’s club

C’est un fait que l’on ne peut pas nier : au gouvernement, la parité est respectée. En outre, deux femmes ont été nommées à la tête de ministères régaliens : Nicole Belloubet à la Justice et Florence Parly aux Armées. Pas de Première Ministre, cependant, malgré ce qu’avait laissé entendre Emmanuel Macron avant d’être élu. La révolution, mais pas trop quand même ?
A l’Assemblée Nationale, il y a du mieux également. La part des femmes députées est ainsi passée de 27% à 39%, ce qui constitue une évidente amélioration.

Voilà pour les bons points. Car le reste n’est pas à l’avenant : les postes clés restent occupés par des hommes, qu’il s’agisse du Premier Ministre, du porte-parole du Gouvernement, du président de l’Assemblée Nationale ou du président du groupe majoritaire LREM. Sur sept groupes constitués à l’Assemblée, sept hommes en sont présidents. Les ministères les plus exposés médiatiquement sont occupés par des hommes : Intérieur, Education Nationale, Affaires Etrangères, Economie…

Quant à l’actuel Premier Ministre, Edouard Philippe, à qui le secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes est ironiquement rattaché, il ne brille pas par son engagement envers les droits des femmes – et c’est un euphémisme. Député de la 7e circonscription de Seine-Maritime élu en 2012 sous la présidence Hollande, Edouard Philippe s’est abstenu de voter la loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. Cette loi prévoyait, entre autres, le renforcement de la protection des femmes victimes de violences conjugales, l’instauration de protections minimales pour les mères isolées subissant des impayés de pension alimentaire, le conditionnement de l’accès aux marchés publics par les entreprises au respect de l’égalité professionnelle, ainsi que certaines modifications au congé parental. Il s’est également abstenu sur la loi pour le « mariage pour tous », et s’est publiquement opposé à la PMA pour les couples homosexuels féminins. Enfin, il s’est fait épingler pour ses écrits sexistes dans son roman « Dans l’ombre », publié en 2011 : « Elle avait en elle cette imperceptible sécheresse des femmes qui ne seraient jamais mères, ce qui en faisait, assurément, une redoutable politique : un cœur d’homme dans un corps de femme », ou encore, à propos d’une femme que le narrateur tente de séduire « Tout le monde se demandait quel serait le premier député à pouvoir faire état de ce trophée ». La grande classe, non ?

Ce n’est pas tout. La garde rapprochée d’Emmanuel Macron est en effet à grande majorité masculine : sur les 53 membres de son cabinet, on compte seulement 13 femmes, soit un piteux 22%. On est bien loin de la parité qui semble si chère – au moins publiquement – au Président. Une situation dénoncée le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, par la sénatrice LR Céline Boulay-Espéronnier.

Enfin, comment ne pas évoquer les deux interviews officielles accordées par le Président en avril dernier ? Jean-Pierre Pernaut d’un côté, Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel de l’autre : ce sont trois hommes blancs sexagénaires qui ont été choisis pour orchestrer les deux grand-messes des 12 et 15 avril. Pour la diversité et le renouveau, on repassera. Bien que l’égalité femme-homme ait été érigée en « grande cause du quinquennat », aucune femme n’a donc pu bénéficier de l’immense privilège d’interviewer le Président. Une occasion volontairement manquée ? 

Toujours est-il que le malaise aurait peut-être été moins important si ces interviews officielles ne s’étaient pas fait l’énième symbole d’un ordre séculaire dans lequel le pouvoir et la visibilité médiatique sont dévolues aux hommes. Mises en scène de l’entre-soi masculin, démonstrations de virilité traditionnelle, elles n’ont fait que mettre en exergue – de manière bien peu subtile – la véritable vision qu’a Emmanuel Macron des rapports entre les hommes et les femmes. Est-il d’ailleurs utile de préciser que, lors de ces deux interviews, quasiment aucun mot n’a été prononcé sur la « grande cause du quinquennat » ? Cela laisse à s’interroger sur l’intérêt véritable que lui porte Emmanuel Macron.

Si le discours de Macron sur l’égalité entre les femmes et les hommes peut paraître novateur (a-t-on jamais vu auparavant un Président de la République se qualifier de féministe, avec toute l’odeur de soufre que charrie ce terme ?), ses actes ne font que perpétuer un ordre vieux de plusieurs siècles, où les hommes devisent entre eux, prennent des décisions importantes et occupent le devant de la scène pendant que les femmes restent dans l’ombre. Un ordre structurel où les hommes détiennent la plus grosse part du gâteau, tout en daignant parfois, grand princes, offrir à leurs collègues féminines les miettes restantes. Et faire semblant que tout est normal.

La litanie des occasions manquées

A la grande cause du quinquennat, Emmanuel Macron a décidé d’allouer de petits moyens. Le budget du secrétariat d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes – qui, on le rappelle, devait être un Ministère de plein droit – est en effet passé de 26,9 million d’euros en 2016 à 19,4 millions d’euros en 2017, soit une coupe de 7,5 millions d’euros. Certes, le budget a progressé en 2018, jusqu’à atteindre les 30 millions d’euros. Il n’en reste pas moins que l’Etat ne consacre que 0,0066% de son enveloppe annuelle à la lutte pour l’égalité entre les sexes.

Au-delà du manque de moyens financiers, on lit au travers d’une certaine inertie – d’actes et de paroles – la mollesse des convictions du gouvernement en ce qui concerne l’égalité femme-homme. Si la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa bénéficie d’une importante présence médiatique, sa liberté de parole est nécessairement limitée par les usages de sa profession. Son mutisme initial sur les affaires Darmanin et Hulot, tous deux accusés de viol, en est le symptôme éclatant. Pour rappel, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a été visé en début d’année par deux plaintes, l’une pour viol, l’autre pour abus de faiblesse. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a quant à lui été visé par des accusations de viol et de harcèlement sexuel. Maintien des deux hommes à leur poste et silence déterminé du gouvernement, qui a préféré laisser la secrétaire d’Etat à l’égalité femme-homme essuyer les plâtres face à la fronde. D’où la publication par celle-ci d’une tribune dans le JDD, dans laquelle elle reproche étrangement aux accusateurs de Nicolas Hulot de « bafouer la parole des femmes ». Et à déplorer que la justice se rende dans les médias, et non dans les tribunaux. Tout en avouant que « ce que cherche le gouvernement, c’est à faire condamner les 9 violeurs sur 10 qui actuellement ne le sont pas ». Parce que les tribunaux peinent à rendre la justice, sans doute ?

Autre occasion manquée, plus récente celle-ci : l’opposition d’Emmanuel Macron au projet de directive européenne dite « Vie privée – Vie professionnelle » ayant pour but d’élargir le cadre des congés parentaux dans les pays membres. Une directive qui permettrait notamment d’équilibrer le recours aux congés parentaux entre les hommes et les femmes en prévoyant plusieurs mesures, notamment l’instauration d’un congé parental de quatre mois pour chaque parent indemnisé sur la base d’un arrêt maladie (soit 50% du salaire journalier de base, un montant nettement plus élevé qu’aujourd’hui). Si les inégalités (de salaires, de responsabilités parentales, de répartition des tâches ménagères, de développement des carrières) se creusent entre les femmes et les hommes à l’arrivée d’un enfant, et si ce projet de directive permettrait justement de combattre les inégalités à la source, Emmanuel Macron s’y oppose : « J’en approuve le principe, a-t-il précisé au Parlement Européen le 18 avril dernier. Mais les modalités ont un coût qui est potentiellement explosif ». C’est un argument recevable. Mais pourquoi ne pas profiter de cette belle occasion pour engager la discussion sur une potentielle réforme du congé parental, et plus encore du congé paternité ? Pourquoi clore le débat de manière aussi péremptoire – circulez, on s’en fout ?

Sur ce front, les progrès se font donc attendre… Et l’attente risque fort de se prolonger puisque Marlène Schiappa s’est, de manière tout à fait incompréhensible, opposée au fait de rendre obligatoire le congé paternité (d’une durée de 11 jours calendaires, il est aujourd’hui facultatif). Une telle mesure serait pourtant extrêmement bénéfique pour l’égalité des sexes.

Soit. Il reste un front sur lequel il est crucial – et urgent – d’agir, à savoir l’éducation. Alors, va-t-on enfin proposer des modules d’éducation sexuelle et de sensibilisation aux stéréotypes de genre dans les écoles ? Va-t-on déployer un plan national contre les violences sexistes dont sont victimes de plus en plus de jeunes filles au sein même des lieux républicains que sont les collèges et les lycées ?
Sur ce point, Marlène Schiappa a proposé « de créer des référents égalité dans tous les établissements scolaires à partir de la rentrée prochaine » et « de veiller à ce que les trois séances d’éducation par année scolaire prévues par la loi, consacrées, notamment, à l’égalité, soient bien mises en œuvre ». Par quels moyens ? Cela n’est pas précisé. Pendant que les effets d’annonce et les propositions pour un hypothétique futur se multiplient, le sexisme creuse toujours impunément sa voie.

Le véritable « féminisme » d’Emmanuel Macron

Et si, finalement, la conception de l’égalité femme-homme du Président se trouvait résumée dans son discours du 25 novembre 2017, consacrée aux violences faites aux femmes ? Morceaux choisis :
« Il ne s’agit pas à mes yeux de nier la différence entre les sexes ou de vouloir tout confondre, mais il s’agit que cette altérité profonde à laquelle je crois, et qui est notre richesse, ne se traduise pas en une inégalité insupportable qui, elle, est un déterminisme culturel et une construction insupportable de nos histoires. Donc de préserver toute la part féconde d’une altérité réelle entre hommes et femmes pour à chaque fois rappeler, se battre et inculquer l’égalité absolue et non négociable entre les deux sexes. »
« On se met à tout confondre dans ce tourbillon et à dire celui-ci en est, celui-ci en est, passant d’une société en quelque sorte de l’oubli à une société de la délation généralisée. »
« Je ne veux pas d’une société de la délation »

Altérité. Oubli. Délation.

Avec ces trois mots simples, Macron expose sa conception bien à lui de l’égalité des sexes. Tout d’abord, l’emploi du terme « altérité » fait écho à une vision essentialiste des hommes et des femmes, dans laquelle chaque sexe se voit échoir un rôle prédéfini. La fameuse « complémentarité », qui fait depuis des siècles le nid de l’inégalité.
Passons sur l’emploi de l’expression « société de l’oubli », qui sous-entendrait que les actes des agresseurs portent en eux la possibilité d’une irrévocable amnistie. Pas vu, pas pris, en quelque sorte. Une étrange conception de la justice.

La délation, enfin. Beaucoup a déjà été dit sur l’emploi éhonté de ce terme, bien malvenu dans une discussion sur les violences faites aux femmes. Dénoncer son agresseur et demander justice, est-ce cela, la délation ? Soucieux comme toujours de ménager les intérêts divergents, Emmanuel Macron n’hésite pas, à l’intérieur même d’un discours qui se veut féministe, à caresser dans le sens du poil les réactionnaires de tous bords. Et à utiliser, sans ciller, une rhétorique justement construite dans le but de décrédibiliser les combats féministes. Quel message cela renvoie-t-il aux agresseurs ?

On notera le caractère schizophrène de ce discours, puisque Macron affirme également :
« Et c’est pourquoi il est indispensable que la honte change de camp, que la République fasse ce qu’elle doit pour laver la sienne, que les criminels du quotidien qui harcèlent, injurient, touchent, agressent, ne soient plus jamais excusés mais repérés, vilipendés, traduits en justice, condamné avec toute la fermeté requise, sans aucune complaisance, sans aucune excuse ».

On est bien d’accord. Comment, toutefois, « repérer, vilipender et traduire en justice » des agresseurs que l’on protège à mots couverts en sous-entendant qu’ils seraient victimes de « délation » ? N’y a t-il pas là une forme de paradoxe insupportable ?

La grande illusion

Ne nous leurrons pas : malgré sa posture pro-égalité, Emmanuel Macron est l’essence même de la tradition viriliste. Il représente, par sa façon d’être et d’agir, un paradigme ancien voire archaïque, qui sait cependant faire jouer les apparences pour paraître progressiste. C’est la virilité conventionnelle, l’entre-soi comme barricade invisible, la domination masculine satisfaite d’elle-même et qui refuse pourtant de s’assumer. Qui préfère se cacher, avec quelques pirouettes, derrière la tentation du « renouveau ». Parce qu’elle n’a aucunement l’intention, au fond, de réformer un système qui lui est favorable.

En public, le Président affiche une posture égalitariste relativement bien tournée. La parité est respectée dans son gouvernement (même si, on l’a déjà dit, les postes clés restent dévolus aux hommes), le langage inclusif est soigneusement employé, la rhétorique est brillante, la communication est maîtrisée. Dans l’ombre, en revanche, ses véritables convictions se déploient sans honte : les hommes s’exposent, s’expriment, dirigent, pendant que les femmes, au loin, tournent en orbite autour d’eux.

Une nouvelle forme de masculinité dominante est ainsi mise en exergue : la masculinité pacifique, modérée, égalitaire, à l’écoute, loin des débordements autoritaires des mâles « alpha », dont la violence est aujourd’hui regardée avec mépris. Le changement paraît salutaire. Mais qu’on ne s’y laisse pas prendre : si les apparences, si les codes changent, la structure reste exactement la même. Dans ce tableau, les femmes jouent en effet toujours les figures de l’ombre. Or, l’égalité se joue nécessairement sur plusieurs terrains. Ensemble. Si l’on modifie le paradigme de la masculinité sans s’attaquer au paradigme de la féminité, si l’on se contente, pour l’exemple, de saupoudrer quelques femmes sur nos institutions politiques, sans s’attaquer à la structure même de nos schémas de pensée, alors les choses resteront vouées à l’échec.

Sur le terrain de l’égalité entre les femmes et les hommes, la flaccidité des convictions d’Emmanuel Macron se traduit donc sans surprise par un déficit dans l’action.
Si ses promesses électorales en la matière étaient effectivement séduisantes, en ce qu’elles laissaient entrevoir une rupture avec l’ordre ancien, les illusions n’ont mis que peu de temps à se dissiper. En quelques mois seulement, le Président a en effet réussi à dévoiler son vrai visage : celui d’un homme peu concerné par la question des droits des femmes, qui a su toutefois en saisir la puissance évocatrice pour en faire un outil de promotion de soi. Car le « féminisme » de Macron est un féminisme purement marketing, un féminisme d’apparat, de paroles, d’illusions, sorte de ventre mou d’un dogme politique par ailleurs déterminé.

L’opportunisme politique est une réalité qui a toujours existé. Mais dans une ère post-Weinstein, peut-on encore s’emparer d’un sujet aussi grave pour l’instrumentaliser à des fins électorales et politiques ? Alors que le sexisme tue des centaines de femmes chaque année en France – et bien plus dans le monde entier – peut-on d’un point de vue éthique se prétendre concerné par la cause, tout en la laissant prendre la poussière dans un recoin oublié de l’Elysée ? Jusqu’où ira Emmanuel Macron dans son instrumentalisation de la lutte pour le droit des femmes, et combien de temps durera la pantomime ?

Ne nous leurrons pas : il est très facile de se laisser avoir.
A la manière de certains hommes qui ont compris que l’étiquette « féministe » leur rapporterait des points auprès des femmes, Emmanuel Macron a parfaitement su flairer non pas la tendance mais le changement dans l’air, l’atmosphère électrisée par les mutations de la société, le renversement graduel des convictions anciennes.
Mais les masques ne mettent jamais longtemps à tomber. Car ce ne sont pas les paroles qui comptent, mais bien les actes. Et sur ce point précis, le Président s’est jusqu’ici montré défaillant.

S’engager pour l’égalité entre les femmes et les hommes, ce n’est pas seulement affecter, une fois l’an, l’air grave et contrit de celui qui voudrait que les choses changent. Ce n’est pas seulement recourir au langage inclusif : « Bonjour à toutes et tous ! ». Ce n’est pas seulement se parer de belles intentions, comme un paon fait la roue dans une silencieuse velléité de séduction. Ce n’est pas non plus promettre de légiférer, ni même effectivement légiférer, ajoutant à un arsenal législatif déjà obèse des lois supplémentaires qui seront peu ou pas appliquées.

C’est aussi et surtout agir. Donner l’exemple.
C’est être cohérent, dans ses actes et dans ses paroles.
C’est mettre en lumière, promouvoir, aider, encourager, écouter, considérer les femmes.
C’est refuser de voir en elles « l’Autre », par opposition à une supposée universalité masculine.
C’est condamner les agresseurs, et se ranger du côté des victimes.
C’est ne faire aucune concession aux tenants d’un ordre ancien, même quand votre maintien au pouvoir dépend en partie de ces derniers. C’est avancer vers la ligne que l’on s’est fixée, en restant ferme, fidèle et déterminé.
C’est œuvrer pour un changement des mentalités, mais aussi pour une modification de la structure de notre société.
C’est aussi savoir, quand cela est nécessaire, avouer ses manquements.
L’égalité entre les femmes et les hommes est un sujet éminemment politique, qui ne souffre aucune approximation. En la matière, les véritables convictions se révèlent au travers d’une constellation de faits qui échappent parfois à toute maîtrise. Ce sont des mots, des gestes, des regards, des états de fait qui lentement trahissent. Qui disent dans le silence ce qui ne sera jamais dit à voix haute.

« I am a feminist » : sache, cher Emmanuel, que la façon dont tu te qualifies importe peu. Un homme politique ne sera jamais jugé à l’aune de ce qu’il dit, mais bien de ce qu’il fait – et plus encore, de ce qu’il ne fait pas.

Pendant les quatre années à venir, nous resterons vigilantes.